Monday, October 10, 2005

PRIX FREDERICK-JOHNSON

DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS

LA REMISE DES PRIX FREDERICK-JOHNSON

FÉLICITATIONS AUX LAURÉATS

L'honorable Lucie Pépin : Honorables sénateurs, le Centre de recherche-action sur les relations raciales a procédé, le 15 octobre dernier, à la remise des Prix Frederick-Johnson.

Cette distinction, attribuée à des gens qui s'illustrent dans la lutte contre le racisme, porte le nom d'un Montréalais noir qui a contesté la ségrégation raciale dans les établissements publics en 1898.

Mesdames Marie-Célie Agnant, Giliane Obas, Gladys Charmant, May Chiu, Cécilia Escamilla, Margaret Wilheim et Fehmida Khan sont parmi les lauréates à recevoir ce prix cette année. Ces mères issues de diverses minorités raciales et ethnoculturelles du Québec forment les Mères unies contre le racisme. « Nous irons jusqu'au bout pour l'amour de nos enfants » est leur slogan. Par l'intérimaire de cette association, ces femmes combattent la discrimination, particulièrement le profilage racial dont les jeunes de leurs communautés sont arbitrairement victimes de la part des autorités policières.

Quatre Québécois noirs, Cupidon Lumène, Céliane Célissa et Michèle et Ronald Champagne, ont également reçu le prix pour avoir refusé de souffrir en silence et avoir poursuivi leur employeur devant la Commission des droits de la personne. En 2000, bien des années après la fin de la ségrégation raciale, ces quatre personnes étaient exposées à des conditions de travail rappelant cette sombre période.

On leur avait interdit, et ce en l'an 2000, l'accès à la cafétéria pour les Blancs. Ils devaient se contenter d'une cabane, petite et sale, dépourvue du minimum. C'était sans compter les commentaires déplacés qui les assimilaient à des singes. Après quatre années de procédure, ils ont obtenu gain de cause.

En primant ces quatre Québécois, c'est un appel à la vigilance qui a été lancé selon lequel le racisme fait encore des victimes dans l'indifférence et l'inaction des syndicats, du grand public et des gouvernements.

Pourtant, les manifestations quotidiennes des préjugés fondés sur la race affectent dans leur chair de combreux Canadiennes et Canadiens. Il s'agit, par exemple, de se voir systématiquement refuser un emploi parce qu'on a un nom à consonance différente, d'être considéré comme menaçant et ciblé parce que Noir ou d'être méprisé et regardé de travers simplement parce qu'on est Autochtone.

Pour l'édition de cette année, le Centre de recherche-action sur les relations raciales a créé un prix honorifique qui a été décerné à l'honorable Irwin Cotler pour son engagement constant, tout au long de sa carrière, en faveur des droits de la personne et contre le racisme, l'antisémitisme et les crimes haineux.

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